« Je n’ai rien à cacher ». Pourquoi cet argument est réducteur ?

Août 2, 2019

Nous entendons souvent cet argument. Chez Mydatakeeper, nous pensons qu’il n’est pas recevable. Voila pourquoi en 3 points.

Aujourd’hui n’est pas demain !

Ce qui est acceptable aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain. Si les systèmes politiques évoluent, si les mentalités changent, des actes anodins d’aujourd’hui auront peut-être une grave implication demain. Vos préférences politiques ou religieuses, vos données de géolocalisation ou encore vos recherches sur internet peuvent devenir des informations très gênantes. Le passé ou l’actualité dans certains pays du monde nous le prouve.
A une échelle individuelle, imaginez cela : En utilisant votre position, le logiciel d’Intelligence Artificiel de votre assureur découvre que vous allez souvent dans le bureau de tabac du coin de la rue. En croisant ces données avec votre compte en banque, l’IA met en valeur que vous achetez un paquet de cigarettes tous les deux jours. Enfin, votre assureur croise ces informations avec les données médicales qu’il possède : Vous venez de déclarer un cancer. Va-t-il seulement vouloir vous dédommager ? Selon lui, vous n’avez pas adopter un style de vie sain et votre cancer est entièrement votre faute.

Un jour, il sera trop tard !

Connaissez-vous la fable de la grenouille ? La grenouille se détend dans l’eau d’une casserolle qui chauffe progressivement. Elle prend ses aises et apprécie la chaleur jusqu’à ce qu’il soit trop tard et qu’elle meure ébouillantée. Cette fable est un exemple de la surveillance de masse: Jusqu’à quel point acceptons-nous la facilité des services gratuits, la collecte systématique et le traitement massif des données ?

Regardons autour de nous !

Edward Snowden a dit : « ne pas se préoccuper de la surveillance de masse parce que vous n’avez rien à cacher, c’est comme ne pas se préoccuper de la liberté d’expression parce que vous n’avez rien à dire ». Derrière cette image, Snowden nous parle d’égoïsme et d’égocentrisme. Ne faut-il s’inquiéter d’injustices que lorsque nous en sommes victimes ? Par solidarité pour les minorités opprimées, les peuples muselés, les activistes surveillés, nous devons nous assurer qu’aucune dérive n’arrive. Car en ne se souciant pas de nos données, nous cautionnons implicitement toutes les mesures discriminatoires mises en place ailleurs. La protection des données est un garde-fou contre les abus de pouvoir.